Busy (25320) - Eglise Saint-Pierre-Et-Saint-Paul

 

« Marie-Jeanne et Marguerite-Marie-Jeanne-Henriette, deux demoiselles discutant sur une nouvelle table »

 

Busy :

 

La commune de Busy est une belle petite commune située au Sud de la plus grosse ville du Doubs, je parle bien-sûr de Besançon ! Cette commune n’est peuplée que de 675 habitants selon le dernier classement INSEE, qui se nomment les Busyots et Busyotes, même nom que donne le Conseil Municipal au bulletin municipal semestriel (le Petit B’syot). Le maire de ce charmant village se nomme Christophe MULHAUSER et est mandatée comme tous les maires à l’heure à laquelle j’écris ces lignes, de 2020 à 2026. Et justement, les habitants n’ont pas choisi le mauvais maire, et vous allez le constater par la suite !

 

L’église Saint-Pierre et Saint-Paul :

 

La belle église Saint-Pierre et Saint-Paul de Busy daterait de 1219, les bases sont les plus anciennes à cette date.

Vers le XVIII et le XIXe siècle, l’église est de plus en plus étudiée, donc voici son histoire à partir de 1754, date de la rénovation de l’édifice.

En 1754, l’architecte Nicolas Nicole, que nous connaissons bien dans le département, car c’est le même architecte qui a réalisé les plans de la mairie de Besançon, ou le beau clocher comtois de l’église Saint-Bénigne de Pontarlier par exemple, présente un nouveau devis à la commune, car le clocher menace de s’effondrer : le clocher va être complètement démoli, le mur séparant la nef du clocher va être ôté également. Et l’église va choper exactement 12 pieds de plus, soit 3,90m de plus que l’ancienne, suivi de la démolition du mur reliant le presbytère à l’église, mesurant 10 pieds de longueur, soit ≈ 3,04m !

Pour que ces travaux furent réalisés, il a fallu quand même fermer l’église au culte chrétien pour forcer les paroissiens à réaliser les travaux obligatoires s’ils veulent que leur clocher tienne encore un peu debout. Et pour cause, cet acte eut gain de cause et ce fut un soulagement pour toute la population !

L’église, à cause du précédent problème de fragilité du clocher, a été interdite à la pratique du culte chrétien à de nombreuses reprises, en 1804, par l’Evêque de Besançon. De plus, après la Révolution Française, l’église fut un « local disponible » pour les réunions du Conseil.

L’église de Busy fut (enfin) remise au culte chrétien vers 1850, dans les années où le clocher flambant neuf de Busy recevra deux nouvelles voix que nous allons détailler dans ce présent article.

La chambre des cloches a reçu une petite cure de jouvence en fin d’année 2020, les entreprises Prêtre & Fils et Cornu ayant participé à la réfection du beffroi, poutres en chêne sur lesquelles reposent les cloches. Il a montré quelques signes de fatigue, ce qui a donc poussé la commune à arrêter les sonneries à la volée quotidiennes (Angélus...). Les chouettes effraies étant parties pour l’hiver revenant nicher dans le clocher dans les saisons humides, la commune a donc pu mettre les sous de côté, et donc faire réaliser les travaux qui devait être achevés !

Une dernière chose, le beau coq doré de l’église, a été livré à la commune en 1978, et – petite anecdote – les enfants des écoles de Busy ont fait balader ce dernier dans les rues du village avec leurs enseignants, avant d’être mis à sa place définitive, en haut de son clocher !

Nous voici avec l’histoire de l’église, passons maintenant à l’accès aux cloches !

 

 

La montée au clocher :

 

Pour atteindre les deux robes de bronze, une porte rouge à gauche dans le porche est à prendre pour nous engouffrer dans un escalier en colimaçon.

Une fois ceci traversé, il nous faut emprunter une échelle de meunier pour atteindre un premier palier.

Puis, une autre échelle de meunier nous attend pour monter dans un second palier, et enfin, une autre échelle de meunier plus petite nous aide à monter jusqu’à la chambre des cloches !

 

Les cloches :

 

Dans ce clocher de 1754, nous pouvons remarquer que deux belles dames sont pendues à leur joug respectif, mais ces cloches ne sont pas les originales de 1754 ! Suivons un peu leur histoire :

Vers 1793, bien après la restauration du clocher, un menuisier Busyot nommé Etienne Boutte, reçoit l’ordre de retirer la seule et unique cloche, par Besançon. Etienne reçut alors 10 livres, soit environ 103,86 euros actuels pour effectuer ce travail. Il a été réalisé très précisément le 27 octobre 1793.

Le clocher a été muet depuis plus de 50 ans, ceci ne plaisait pas du tout aux paroissiens, aux habitants ainsi qu’au conseil municipal, qui, pour organiser des réunions dans l’église, ne pouvais pas avertir ses membres ou encore les habitants.

Les cloches à Busy étaient bien importantes, ce qui compliquait la vie des Busyots et des Busyotes... Plus de glas, plus de tocsins, plus de sonneries festives ; et dans l’église, plus d’obsèques, plus de messes, plus de vêpres, plus de mariages, plus de baptême, plus RIEN !

Seulement, miracle se produit, une généreuse dame nommée Marie-Thérèse PORTERET, a fait un don d’argent chez le fondeur mortuacien, Généreux-Constant BOURNEZ, en 1850, ce qui conduit la commune à payer deux nouvelles cloches : une chez BOURNEZ, et une chez HUMBERT, de la même ville qu’est Morteau !

Nous pouvons en déduire les transactions ci-dessous :

Prix de la grosse cloche (la Constant BOURNEZ) : 4128 francs soit ≈ 629,30 €

Prix de la cloche HUMBERT livrée à Busy en 1850 avant la grosse : 1629,80 francs soit ≈ 248,46 €

Don de Mademoiselle PORTERET chez BOURNEZ : 1920 francs soit ≈ 292,70 €

Reste à payer : 2498,20 francs soit ≈ 380,81 €

En déduction du don de Mademoiselle PORTERET : la commune paye 578,20 francs soit ≈ 88,11 €

Nous voilà donc avec deux cloches bénies aux noms de Marie-Jeanne et de Marie-Louise dans le clocher de Busy, ce fut un grand jour de fête. Les deux cloches chantaient le FA#3 et le RE#3,

Puis, en 1950, exactement 100 ans après les transactions pour les deux cloches, la commune (motifs inconnus), a décidé de faire refondre la petite cloche chez PACCARD.

Cette cloche-là, a été livrée la même année, et bénite au nom de Marguerite-Marie-Jeanne-Henriette par Mr Albert BEUCHEY, qui était alors curé du village. Cette cloche fut hissée à son clocher, et restera la même cloche depuis cette époque !

Note : Le brayer du battant s’est cassé lors de la réfection du beffroi...

Nous voici alors avec un mélange PACCARD et BOURNEZ, ce qui en fait la douceur, et le caractère ! Un joli duo à écouter en tout cas, une belle histoire !

 

 

Cloche 1 : « Marie-Jeanne », Diamètre 127,8, Epaisseur 9,1cm, Poids 1256kgs, Fondue par Généreux-Constant et Charles-Emile (ou Emile) Bournez (Père et Fils), à Morteau, en 1850, Emet le MIb3

 

Pour m'écouter en solo, cliquez-moi !

Cloche 2 : « Marguerite-Marie-Jeanne-Henriette », Diamètre 105,5cm, Epaisseur 7,4cm, Poids 684kgs, Fondue par Paccard, à Annecy-Le-Vieux, en 1950, Emet le SOLb3

 

Pour m'écouter en solo, cliquez-moi !

 

La Vidéo :

 

 

Les Remerciements :

 

Je remercie Mr Christophe MULHAUSER, Maire de Busy, pour sa si grande gentillesse, pour m’avoir fourni le compte-rendu du Conseil Municipal de 2020, avec toute l’histoire des cloches et de l’église, pour m’avoir accordé d’accéder au clocher de son église, de m’avoir autorisé à sonner les cloches de son église hors événements, et enfin de m’avoir accompagné tout au long de cette aventure et de ce projet.

Je remercie également le curé de la paroisse, Théotime NZANZA MAFUT AMAL, pour m’avoir aidé tant bien que mal à avoir les documents des baptêmes de ces cloches.

 

Projet soutenu par la commune de Busy, le Maire et la paroisse

 

***Source***

Textes Personnels

Le Petit B’syot – Edition 2020

Corrections de Mr le Maire