L’accès au clocher :
Pour aller jusqu’aux cloches, l’escalier de la tribune est à prendre, et une porte derrière l’orgue aussi.
Puis, quatre marches en pierre et en bois est à monter pour nous retrouver devant l’horloge semi-mécanique.
Puis, une courte échelle de trois planches est à prendre pour prendre une échelle d’une dizaine de planches au bout d’un palier longeant la salle de l’horloge.
Enfin, une dernière échelle peu rassurante est à prendre pour nous retrouver en-dessous des cloches.
Les cloches :
Les cloches de Déservillers sont au nombre de deux.
Déjà, quelque chose en moi m’a dit qu’il y aurait du Farnier – et je n’ai pas eu tort !
Avant de parler de la Farnier, permettez-moi ces quelques lignes afin de vous parler de la grosse cloche, qui elle est une œuvre de Bournez.
La grosse cloche a pour parrain le maire de Besançon, qui était un Légionnaire, ici marqué sur la cloche : « chevalier de la Légion d’Honneur ». Aux côtés des inscriptions se trouvent deux Légions d’Honneur, encadrées elles même par des branches de laurier.
Elle a des décorations comme une frise de chaîne sur la lèvre, une frise de longues branches de laurier tenus par des anges, et des têtes de femmes du les anses. De plus, des feuilles et des yeux d’anges sont présents sur le cerveau, comme s’ils voulaient aller vers les anses !
Elle porte son battant d’origine, et craque tellement fort à la percussion de ce dernier sur le bord qu'on l'entend en bas clocher comme si on était à côté... (voir sur le solo de la grosse cloche et le reportage). Avec un peu d’humour, même les sourds qui sont dans le village peuvent entendre le craquement à la sonnerie de la cloche, pour vous donner une idée à quel point il craque.
Ce craquement me fait penser à celui de la grosse cloche de Maîche (25). Une magnifique sonnerie sur SI2 Farnier est à découvrir !
Passons désormais à la petite Farnier, la cadette de la Bournez.
Cette cloche a été fondue par les Frères Farnier, dont Arthur et Ferdinand, à Robécourt-Vrécourt dans les Vosges.
Elle a été refondue en 1879, sûrement à la suite d’une fêlure d’une cloche Bournez ou Humbert, ou encore d’une cloche historique beaucoup plus ancienne.
Sa refonte a été financée en partie par le parrain et marraine de la cloche, mais aussi par la Fabrique de Déservillers.
Elle a pour généreux parrain MR Claude COMTE, et pour généreuse marraine MME Marguerite TOURNIER, qui est la veuve de MR SAILLARD.
Elle fut bénite par le Père JEANNIN, curé de Déservillers. On peut voir sa pierre tombale, de l’autre côté du clocher.
Elle est décorée de Sainte-Agathe, de Saint-Joseph, d’un Christ en Croix, et d’une Vierge à l’Enfant.
De nombreuses frises, principalement de la végétation, est à découvrir sur la cloche, notamment sur les lèvres, le flanc, le dessus et le dessous des inscriptions, et des feuilles qui descendent du cerveau comme si elles voulaient aller vers les inscriptions.
Nous avons ici un duo, qui se fait entendre depuis les villages alentours, car ces cloches ont inquiété les habitants car je suis venu comme les autres reportages à des heures non prévues, et quelques semaines ou jours avant mon intervention, un incident avec un agriculteur du village a conduit à son export à l’hôpital de Besançon. Les habitants, qui ont crus que l’agriculteur écrasé par des bottes foin de sa grange, était décédé. Heureusement, j’ai très vite expliqué la situation aux habitants, qui ont compris ce qui se passait... et l'agriculteur est toujours en vie !
Une cloche avec un son de caractère et puissant, fait peur à sa petite sœur, qui elle, émet un ton puissant mais doux, caractéristique des cloches sortant des fours des Farnier.