La Grange (25380) - Eglise Saint-Sébastien

 

« On aurait presque cru qu’il y a 3 cloches, pourtant... »

 

Le Village :

 

La Grange est un village situé vers Belleherbe, et est peuplé de 97 habitants.

Elle ne possède pas grand-chose niveau patrimoine, mais l’église et les vieilles fermes restent quand même le patrimoine principal de ce genre de petit village.

La personne à la tête de ce village est Monsieur Denizot, réélu en 2026.

L’église :

 

L’église de La Grange est finie de construction en 1795, et reliée à la mairie, qui est l’ancienne cure de l’église.

Beaucoup de représentations de Sainte-Jeanne-Antide sont présentes dans cette église, mais alors pourquoi ?

Déjà, il faut remonter à la fin des années 1700, mais essentiellement savoir qui est cette sainte !

Sainte-Jeanne-Antide, de son vrai nom Jeanne-Antide Thouret, est née à Sancey (côté Sancey-Le-Long) le 27 novembre 1765. La basilique du hameau de sa naissance porte son nom, au passage

A ses 22 ans, elle décide d’intégrer l’organisation religieuse, ou plutôt congrégation « Les Filles de la Charité », part à Langres et à Paris pour la même organisation.

Puis, 1789 arrive, avec elle la Révolution et les sœurs sont renvoyées chez elle, dont Jeanne-Antide qui doit revenir à Sancey.

En 1795, elle part en Suisse avec une communauté et part ensuite en Allemagne. Une fois arrivée à Passau, une ville de Bavière près du Danube, elle décide de revenir à Sancey. Une fois arrivée au Landeron, toujours en Suisse, elle est appelée par des prêtres de Besançon lui demandant de rentrer là-bas afin de cultiver quelques enfants non scolarisés et prendre soin des malades.

En 1799, elle fonde une école pour les filles et un bouillon pour les pauvres toujours à Besançon. Plusieurs autres sœurs saluent son travail et rejoignent notre sœur Jeanne-Antide afin de fonder de nouvelles écoles et des hôpitaux pour les malades. Elle les envoie cultiver les enfants et soigner les malades.

Elle reçut la demande de se charger de la prison de Bellevaux (Hte-Savoie). Elle devint éducatrice.

Elle reçut un appel ailleurs en Haute-Savoie : à Thonon, mais peu de temps plus tard, un autre appel émane de l’Italie cette fois-ci.

Jeanne ne répond jamais non et part avec 8 de ses sœurs à Naples.

On lui demande, à son arrivée, de s’occuper de l’hôpital des Incurables, mais elle doit apprendre à sociabiliser avec les italiens.

Elle ouvre une école, une pharmacie dans un couvent qui leur a été donné, et vont soigner les malades et éduquer les enfants.

1819, année à laquelle les Constitutions de Sainte-Jeanne-Antide sont approuvées et reconnues par le Pape de l’époque, Pie VII. Il donne comme nom « Les Filles De La Charité Sous La Protection De Saint-Vincent De Paul » à l’organisation de Jeanne-Antide, mais le fait qu’elle aie des difficultés avec l’archevêque de Besançon et qu’elle soit restée en Italie le peine.

Jeanne-Antide termine sa vie le 24 août 1826, à Naples et plus précisément à l’âge de 60 ans.

Mais, pour revenir à La Grange, quel en est son lien ?

Lors de la Révolution Française, elle se réfugie à La Grange entre 1793 et 1795… afin de se cacher des Révolutionnaires dévastateurs

L’église est très petite et ne résonne que très peu, mais on peut quand même remarquer les voûtes du plafond pas mal bien décorées de bleu. Sur l’autel, Sainte-Jeanne-Antide, fixant les fidèles d’un œil bienveillant, comme elle l’a été durant son vivant.

L’accès au clocher :

 

Pour accéder au clocher, il faut monter les marches pour aller dans la tribune. De là, il faut passer par une petite porte qui est murée aux 3 quarts, ce qui m’oblige à m’accroupir pour passer sur l’oculus.

Ensuite, une échelle de meunier nous mène vers un étage où il y a rien du tout, puis une deuxième échelle qui nous mène à l’étage de l’ouverture du toit pour la nef et aux cadrans, et enfin, une dernière échelle de meunier nous mène aux cloches.

Les cloches :

 

Dans ce clocher, nous avons 2 cloches, seulement mais au début, j’ai cru me tromper.

Je me suis planté car quand je suis arrivé sur les lieux, j’ai attendu la demie sonner, et j’ai entendu comme deux cloches. Sur le tableau, j’ai tourné le curseur côté tintement automatique, la pastille verte au niveau de la cloche 3 s’allumait. J’ai essayé la volée sur le même bouton mais la pastille restait éteinte. J’ai essayé la volée sur les deux cloches qui se lançaient bien mais pas de 3e cloche de volée. Je pense à une cloche fixe mais ce n’est toujours pas ça.

En montant, je me rends compte, après 15 ou 30 minutes à trouver une échelle et la monter au niveau des cloches pour passer dans le dôme du clocher pour voir si une 3e cloche logeait ce clocher, je me suis aperçu que la cloche 2… possédait 2 marteaux de tintements ! 2, tous neufs !

Je les essaye à la main, en comprimant la plaque sur l’électroaimant et je me rends compte du jeu de sonnerie sur la cloche !

Bien, cette cloche mesure 82,3cm pour nous donner un LA3 très baroque, comme celle de Valoreille du même fondeur, Louis Léonard de Morteau !

L’année de fonte est cachée dans les inscriptions, des lettres sont plus grandes que les autres, et donc si on réunit dans l’ordre toutes ces grandes lettres sur les inscriptions autour du cerveau, nous arrivons à lire la date de fonte qui est de 1758.

Puis, la grande, fut fondue par la fonderie Humbert de Morteau, en 1854.

Elle est très bien ornée, et dégage un très doux FA#3 pour un diamètre de 105cm.

Cette cloche a été payée, donc commandée par la commune, sous l’administration à cet époque, de Eugène-Modeste Delagrange (selon Généanet et ce qu’il y a marqué sur la cloche).

Elle a d’ailleurs conservé son battant d’origine, et démarre correctement.

Le ressenti global de cette visite est plutôt surprenant, tant un 2e marteau a été installé sur une même cloche, et tant il n’y a pas une 3e cloche.

Le ressenti sur l’entretien de la sonnerie est moyen, car les deux chaînes de volée des deux cloches sont desserrées et la bride de la petite cloche est desserrée également (on l’entend très bien sur l’enregistrement du solo).

Vous verrez la bride bouger avec amplitude, sur la caméra que j’ai placé face à la petite cloche, c’est celle de gauche. De plus, je prouve que la bride n’a pas été serrée depuis belle lurette car le joug en est creusé au niveau de celle-ci, du fait de la bride avançant et reculant lors de la volée de l’Angélus et les autres volées de cérémonies…

APOLLO commande la sonnerie.

Cloche 1 : « Jeanne-Philiberte », Diamètre 105,0cm, Epaisseur 7,2cm, Poids 659kgs, Fondue par François-Nicolas HUMBERT, à Morteau, en 1854, Emet le FA#3 ;

Cloche 2 : « Louise-Xavière », Diamètre 82,3cm, Epaisseur 5,6cm, Poids 315kgs, Fondue par Louis LEONARD, à Morteau, en 1758, Emet le LA3 ;

La Vidéo :

 

 

Publication de la vidéo dans :

03 / 02:49:05

 

Les Autres Sonneries Bonus :

 

Sonnerie Horaire (12h) :

 

Simulation du plenum avec le 2e marteau de la petite cloche :

Les Remerciements :

 

Je remercie Monsieur Denizot, le Maire de la commune, de m’avoir accordé l’accès au clocher et de m’avoir autorisé à faire sonner les cloches hors offices.

Et je remercie Madame Devillers, la gardienne de l’église, pour m’avoir entré la clef dans la serrure du caisson pour accéder au tableau de commandes avant ma venue.

 

Je suis soutenu par la municipalité de La Grange