L’accès au clocher :
Pour accéder au clocher, une porte verrouillée en bois à gauche sous le proche est à prendre pour nous retrouver en face d’une échelle de meunier pour atteindre le premier palier qui est juste au-dessus de porche.
Puis, une seconde échelle de meunier nous est à prendre pour nous retrouver dans le palier en dessous du cadran.
Pour continuer, il nous faut monter une avant dernière échelle de meunier afin d’atteindre le tertiaire palier, au niveau du cadran et de l’ancienne horloge.
Et enfin, il nous faut monter une dernière échelle de meunier pour atteindre le beffroi.
Les cloches :
Tout d’abord, intéressons-nous au début de la population du clocher en cloches depuis... 1689 ! Une cloche remplissait sa fonction depuis 1689, et en 1700, une fois que l’église fut inaugurée, la cloche de l’ancienne église de 1689 a été transférée au clocher de l’église actuelle.
Puis, en 1827, la seule et unique cloche reçoit de la compagnie, avec une cloche venant de Morteau, François HUMBERT la réalisera. La même cloche a été bénie la même année mais au mois d’avril, précisément le jeudi 26. Le parrain n’est nul autre que le curé d’Héricourt, ville en Haute-Saône (70) ! La cloche pèse un poids bien solide de 875kgs, ce qui fait de cette cloche, la plus imposante du duo.
En 1875, le Conseil Municipal et les habitants de Mathay ressentent le besoin de remplacer les deux cloches, car la petite cloche est fêlée et ébréchée, et la grosse donne un son sourd et non résonnant.
Donc, le Conseil commande un duo chez le fondeur François GOUSSEL, fondeur à Metz, en Moselle.
Le fondeur a acheté les cloches cassées de Mathay au prix du métal, soit 1 100,42 Francs, pour payer une partie de la somme des nouvelles cloches, on soustrait 1 100,42 Francs de 5 640,92 Francs, ce qui donne 4 540, 50 Francs, pour le prix des deux GOUSSEL.
Les cloches de Mathay sont arrivées de manière assez amusante mais effrayante aussi. Le fondeur GOUSSEL, ne pouvant pas se déplacer pour livrer les cloches à Mathay, il a envoyé les 2 cloches sur un wagon en direction de Voujeaucourt, alors la municipalité a fait faire partir deux hommes et deux voitures à cheval, de la gare de Voujeaucourt à l’église de Mathay !
Une fois les cloches récupérées, les sieurs revinrent vers Mathay, mais un événement va retarder leur livraison.
En effet, la grosse cloche comme la petite, furent portées par des voitures à cheval, mais hélas, l’essieu arrière qui soutenait le convoi de la grosse cloche, a cassé, ce qui a fait plier la voiture qui la soutenait. Elle roula que sur quelques mètres, avant de s’arrêter. Fort heureusement, cette dernière n’eut que quelques marques mais sans plus.
Seulement, la dernière chose avant de reprendre la route sur une nouvelle voiture, est de la remettre sur cette dernière : seulement, les cloches pèsent très lourd, même si elles possèdent un diamètre modeste, et il a fallu donc beaucoup d’hommes costauds pour la remettre « sur roues », ceci aurait duré de longues heures...
Enfin, les deux demoiselles de métal arrivèrent enfin à Mathay, après beaucoup de péripéties. Elles furent bénies par le curé du village, François-Aimé DELEULE, décédé le 31 octobre 1875, de sa maladie, à Mathay.
Ce que je trouve le plus beau, c’est que le baptême des deux cloches aura été le dernier qu’il aura pu accomplir dans sa vie !
A l’époque, le clocher était mécanique, autant du côté de l’horloge que des cloches.
En 1914, Guy Emonnot, la personne qui s’est chargée de l’ouverture du clocher et de mon accompagnement, celui qui a vu l’horloge mourir à cause de l’électrification du cadran et se chargeait aussi du remontage journalier de l’horloge, m’a expliqué que lors de l’annoncement de la messe, la courroie du battant de la grosse cloche s’est rompue, et a fini par traverser l’abat-son côté Nord ainsi que le mur du même côté...
Fort heureusement, le battant n’a causé aucun décès ou aucunes blessures : que des dégâts matériels.
La commune a donc dû financer les dégradations.
Au fur et à mesure des années, l’inflation se fait très grosse, à cause de la fin de la Sde Guerre Mondiale.
Par exemple, le prix des deux cordes pour les deux nouvelles et anciennes cloches est passé de 10,30 francs en 1832 à 1167 francs en 1944 !!!
L’électrification des cloches s’est réalisée en 1948 par l’entreprise Joseph BONNE et Cie, basée à Mulhouse (68), pour le coût de... 24585 francs !
Ces travaux ont été demandés par le maire de l’époque, Mr Busson, car cette même année, le salaire du sonneur des cloches est devenu très chère à cause de l’inflation de l’après-guerre, qui était équivalant à 6000 francs par an.